blog vachesLes Etats Généraux de l’Alimentation (EGA), le discours du Président de la République à Rungis, avaient levé un réel espoir chez les agriculteurs, les forces économiques et les citoyens.

Le projet de loi du gouvernement, hélas, ne tient pas les promesses des EGA. Certes, les outils pour rééquilibrer les relations commerciales prolongent la Loi Sapin 2. Mais le relèvement du seuil de revente à perte, s’il peut être utile, n’aura pas d’effet direct sur la rémunération des agriculteurs. Sans montée en gamme des produits, sans maitrise européenne des productions, en particulier le lait, rien ne sera efficace.

Par ailleurs, les dispositions contre le gaspillage alimentaire sont bienvenues, avec la mise en responsabilité de la restauration collective.

Mais le texte est marqué par de profondes lacunes. Le projet de loi ne dit rien des nécessaires mutations à engager pour mieux produire et mieux transformer l’alimentation, et prendre ainsi à bras le corps les enjeux de santé et d’environnement. Qualité nutritionnelle des aliments, encadrement de la publicité, éducation à l’alimentation : les attentes étaient fortes, et restent aujourd’hui sans réponse.

Le débat parlementaire sera donc décisif pour améliorer, corriger, enrichir le texte proposé et définir ainsi une nouvelle ambition et des moyens d’action réels pour une agriculture durable et une alimentation de qualité pour tous.