Le projet de loi Asile et Immigration créé la confusion en traitant en même temps l’asile, qui est un droit constitutionnel en France, et l’immigration, qui relève de choix de politiques migratoires.

Le projet de loi marque une régression du droit d’asile : il double la durée de rétention dans les centres administratifs (CRA) des étrangers, y compris pour les enfants, qui passe de 45 à 90 jours ; il réduit les possibilités de recours pour les demandeurs d’asile.

Le Front National ne s’y est pas trompé et a voté à plusieurs reprises avec le gouvernement. C’est une cruelle déception pour tous ceux qui avaient voté pour le candidat Macron à l’élection présidentielle, pour faire rempart aux idées de Marine Le Pen.

C’est un texte déséquilibré qui jettera dans une précarité encore plus grande ceux qui cherchent asile en France. Face à ces nombreux reculs, le débat parlementaire n’a permis qu’une maigre avancée : celle concernant le « délit de solidarité ».

Depuis 10 ans, 5 lois ont été votées sur l’asile et l’immigration ! Ce texte est donc une loi d’affichage : il ne règlera pas les problèmes et ne fera que les aggraver. C’est en réalité le régime européen de l’asile qui est à revoir. Ce sont aujourd’hui les accords de Dublin et du Touquet  qu’il faut remettre à plat pour construire un véritable droit d’asile européen qui oriente avec intelligence et humanité les réfugiés sur les territoires où ils pourraient être dignement accueillis.

J’ai voté contre ce projet de loi qui n’est pas fidèle aux valeurs humanistes de notre pays.