J’ai voté contre la Loi sur la formation professionnelle et l’apprentissage. Elle ne répond pas, hélas, à la promesse de modernisation sociale du candidat Macron. Elle libéralise le marché de la formation, mais diminue de fait les droits à la formation de chacun.

Aujourd’hui, le salarié est crédité chaque année de 24 heures de formation sur son Compte Personnel de Formation (CPF). Demain, le temps de formation sera de fait diminué à 13 heures par an.

Ainsi, il faut aujourd’hui 1 an de droits à la formation pour réaliser un bilan de compétence. Demain, il faudra 3 années, dans le cadre d’un nouveau système qui convertit les heures de formation en euros.

Les apprentis ne seront pas mieux lotis. L’apprentissage était un service d’intérêt général non économique. Il devient un marché concurrentiel, la région perdant son rôle de régulation. Ainsi, les petits CFA ruraux seront fragilisés par le changement de financement, au bénéfice des plus gros CFA.

Quant aux indépendants qui attendaient une assurance chômage, ils risquent d’attendre longtemps. Seul 1% des indépendants sera concerné par l’assurance chômage universelle.

Nous étions nombreux à espérer des réformes faites d’équilibre entre la modernisation économique et la modernisation sociale. Cette loi, loin du modèle social à la scandinave, s’inspire bien davantage du modèle libéral anglo-saxon.